vendredi 1 février 2013

"Il faut s'interroger sur la responsabilité des adultes"

Marie Derain, défenseure des droits de l'enfant, était venue interpeller les adultes. A défaut de toucher les jeunes, pourquoi ne pas commencer par atteindre leurs parents ? Interview

        Marie Derain (à gauche) a pris la parole lors du débat intitulé "Jeunes en difficulté : comment s'en sortir ?" (Crédit photo: Lucie Gruau)

Concrètement, quelles sont les missions du Défenseur des droits ?

Le défenseur des droits est une autorité constitutionnelle indépendante qui veille au respect des droits des citoyens. Notre action s'articule autour de trois axes : traiter les réclamations individuelles (par exemple, des cas de discriminations), promouvoir les droits et enfin proposer des réformes.

Quels sont les sujets d'actualités qui vous préoccupent particulièrement et orientent votre action ?

Il y a beaucoup de sujets que nous aimerions prendre en charge. Mais en ce moment, ce qui me préoccupe le plus c'est bien sûr la scolarisation des enfants Roms.
Je travaille aussi sur les conséquences des séparations conflictuelles. Parfois, on peut intervenir dans le cadre de contestation des décisions de protection de l'enfance. On ne peut pas contester la décision de justice mais on oriente les parents vers les autorités compétentes, des lieux d'écoute etc. On fait de la médiation.

Pourquoi étais-ce important pour vous d'être présente aujourd'hui ?

Je suis venue pour poser une vraie question : «De manière générale, quelle place laisse-t-on aux jeunes dans la société ? Qu'ils soient en difficulté ou non ? »
Il faut s'interroger sur la responsabilité des adultes, et appeler à un effort de solidarité. Ce qu'on constate c'est qu'à l'heure de la crise, on se replie sur soi. C'est l'inverse qu'il faudrait faire.
Actuellement, près de 20 % des jeunes français sont au chômage. Ils sont les plus pessimistes d'Europe. Ce n'est pas pour rien.

Quels sont les freins à l'intégration des jeunes ?

Le principal frein c'est que les adultes ont peur de perdre leur place. On ne fait pas assez confiance aux jeunes. Combien d'institutions demandent aux jeunes leur avis sur ce qu'on prépare sur eux ?

Regrettez-vous l'absence de jeunes dans la salle ?

Forcément, oui. Cela vaudrait la peine de se demander comment on est allé les chercher. C'est dommage, parce qu'on a besoin de former les jeunes à développer leur esprit critique. Et cela passe aussi par des journées comme celles-ci.

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