Marie Derain, défenseure des droits de l'enfant, était venue interpeller les adultes. A défaut de toucher les jeunes, pourquoi ne pas commencer par atteindre leurs parents ? Interview
| Marie Derain (à gauche) a pris la parole lors du débat intitulé "Jeunes en difficulté : comment s'en sortir ?" (Crédit photo: Lucie Gruau) |
Concrètement,
quelles sont les missions du Défenseur des droits ?
Le défenseur des droits
est une autorité constitutionnelle indépendante qui veille au
respect des droits des citoyens. Notre action s'articule autour de
trois axes : traiter les réclamations individuelles (par exemple,
des cas de discriminations), promouvoir les droits et enfin proposer
des réformes.
Quels
sont les sujets d'actualités qui vous préoccupent particulièrement
et orientent votre action ?
Il y a beaucoup de sujets
que nous aimerions prendre en charge. Mais en ce moment, ce qui me
préoccupe le plus c'est bien sûr la scolarisation des enfants Roms.
Je travaille aussi sur
les conséquences des séparations conflictuelles. Parfois, on peut
intervenir dans le cadre de contestation des décisions de protection
de l'enfance. On ne peut pas contester la décision de justice mais
on oriente les parents vers les autorités compétentes, des lieux
d'écoute etc. On fait de la médiation.
Pourquoi
étais-ce important pour vous d'être présente aujourd'hui ?
Je
suis venue pour poser une vraie question : «De manière générale,
quelle place laisse-t-on aux jeunes dans la société ? Qu'ils soient
en difficulté ou non ? »
Il
faut s'interroger sur la responsabilité des adultes, et appeler à
un effort de solidarité. Ce qu'on constate c'est qu'à l'heure de la
crise, on se replie sur soi. C'est l'inverse qu'il faudrait faire.
Actuellement,
près de 20 % des jeunes français sont au chômage. Ils sont les
plus pessimistes d'Europe. Ce n'est pas pour rien.
Quels
sont les freins à l'intégration des jeunes ?
Le
principal frein c'est que les adultes ont peur de perdre leur place.
On ne fait pas assez confiance aux jeunes. Combien d'institutions
demandent aux jeunes leur avis sur ce qu'on prépare sur eux ?
Regrettez-vous
l'absence de jeunes dans la salle ?
Forcément,
oui. Cela vaudrait la peine de se demander comment on est allé les
chercher. C'est dommage, parce qu'on a besoin de former les jeunes à
développer leur esprit critique. Et cela passe aussi par des
journées comme celles-ci.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire